Trilogies dans tous les sens

Lecture d'un nom et d'un logo pour décliner Trilogies dans ses divers sens. Un espace en mouvement pour en-chanter l'être et le monde, re-lier le cosmique, l'humain et le divin, unir l’engagement citoyen et le cheminement spirituel, ouvrir le dialogue entre soi et l'Autre. Une autre manière d'habiter le monde en se laissant habiter par ce qui l'anime et le transcende.

Un nom pour en-chanter

Trilogies est d’abord un nom qui chante.

Un nom pour faire entendre la voix, la musique, le chant qui sourd des entrailles de la vie, anime le monde dans son intériorité la plus profonde. Trilogies, un nom pour en-chanter l’être et le monde.

Un nom pour re-lier

Dans Trilogies, il y a trois.

Le mot « trilogie » évoque communément une suite de trois œuvres ou une œuvre en trois parties. Ainsi, L'Orestie d'Eschyle (Agamemnon, Les Choéphores, Les Euménides) ou le triptyque sur la foi d’Ingmar Bergman (A travers le miroir, Les Communiants, Le Silence).

Il existe cependant un sens plus moderne du terme, qui désigne un ensemble, une unité de trois éléments différents et inséparables. En l’occurrence, les trois dimensions constitutives de la réalité : le Cosmos (au double sens de la Nature et du Monde), l’Homme et cette Réalité ultime et ineffable communément appelée Dieu.

Ce trois dimensions sont elles-mêmes d’ordre ternaire ou trinitaire : les trois règnes minéral, végétal et animal pour le cosmos ; le corps (sôma), l’âme (psykhé) et l’esprit (noûs) pour l’être humain ; le Père, le Fils et le Saint-Esprit pour le christianisme, mais aussi Brahma, Shiva et Vishnou pour l’hindouisme ou encore le Bouddha, le Dharma et la Sangha pour le bouddhisme.
Ces trois dimensions sont symbolisées par les cercles de couleurs du logo de Trilogies : l’ocre pour la Terre, l’orange pour l’être humain, le bleu pour le Ciel.

Les trois couleurs s’interpénètrent et se mélangent sans jamais se dissoudre l’une dans l’autre. Car le cosmique, l’humain et le divin ne sont pas autonomes, mais intimement re-liées, toujours à « comprendre » ensemble, dans leur « inter-in-dépendance », en les unissant sans les confondre et en les distinguant sans les séparer.

Les trois cercles se superposent pour donner naissance à un quatrième, lequel, tel un ballon, s’élève de la Terre vers le Ciel.

C’est à la découverte et à la manifestation de cette unité dans la diversité que Trilogies aimerait contribuer. Une unité qui se situe dans le mouvement et le passage. Dans ce qui re-lie, ce qui passe « entre » le cosmique, l’humain et le divin. Vers une plénitude d’être et de communion que le philosophe Raimon Panikkar a appelé « cosmothéandrisme ».

La quête de cette plénitude cosmothéandrique constitue un authentique chemin vers la paix, la compréhension mutuelle et la réconciliation avec soi-même, les autres et la nature.

Une voie de mutation intérieure qui part du cœur, va du dedans vers le dehors.

Une aventure de l’être, incontournable si l’on entend répondre de manière féconde et durable aux défis majeurs et à la soif de « sens » de notre temps.

Un nom pour dia-loguer

Dans Trilogies, il y a log, auquel renvoie le phylactère qui ouvre vers le bas – vers l’humus de l’être qu’est l’humilité – les cercles du logo.

Log comme se logguer, se connecter, se re-lier. Au plus profond de soi-même, aux autres, à la nature, au divin, mais aussi aux mouvements et réseaux des chercheurs de sens.

Log comme Logos : la Parole à l’origine de la vie et de la raison d’être des choses, mais aussi de l’échange et de la communication.

Log comme dialogue, qui met non seulement en résonance le cosmique, l’humain et le divin, mais tire des traits d’union entre l’engagement citoyen et le cheminement spirituel ; allie l’un et le multiple, le féminin et le masculin ; ouvre vers une « transmodernité » composée du meilleur des traditions pré-modernes et de la modernité ; met en inter-action toutes celles et ceux qui sont en quête de sens, à la recherche d’une nouvelle conscience capable de créer des nouveaux chemins d’humanité pour demain.

Le dialogue suppose une ouverture à l’autre, nécessaire pour accéder à la vérité tout entière, à la connaissance plénière de soi-même et de la réalité dans toutes ses dimensions. Car la réalité ultime des choses et du monde, leur vérité, n’est pas monochrome. Comme l’arc-en-ciel et le logo de Trilogies, elle est faite de plusieurs couleurs. C’est pourquoi la diversité – des espèces comme des cultures, des langues et des races – est une fabuleuse richesse à préserver et développer. C’est pourquoi la pluralité des religions, qui sont autant de manières différentes d’accéder à l’Inaccessible et de nommer ce qui est au-delà de tout nom, est une chance.

Le but de ce dialogue n’est pas l’uniformité, mais la fécondation réciproque entre l’autre et soi-même, Je et Tu, identité et altérité. Cela, dans l’écoute mutuelle et l’humilité, la conscience de ses propres limites. Comme le dit François Cheng, « la transcendance de chaque être ne se révèle, ne saurait exister que dans une relation qui l'élève et la dépasse. La vraie transcendance, paradoxalement, est dans l'entre ».

C’est par le dialogue, dans la rencontre de l’Autre en soi-même et dans l’autre – au plan individuel et collectif – que pourront émerger les nouveaux paradigmes dont notre monde a besoin pour traverser les « crises » qu’il affronte et aller vers davantage de justice, de paix et de beauté.

Le dialogue devient ainsi une manière non seulement d’habiter le monde, mais d’habiter avec soi-même, le cosmos et le divin en se laissant habiter par eux.

Un chemin d’humanité et un symbole de ce qui en constitue l’accomplissement : l’amour.

Trilogies dans le regard du quotidien Le Temps