23 fév 2013

La Terre comme soi-même

Michel Maxime Egger, le 23.02.2013

Tout nécessaires qu’ils soient, les écogestes, les lois vertes et les technologies ne suffiront pas à répondre en profondeur à la destruction de la planète. Dans La Terre comme soi-même (Labor et Fides, 2012), préfacé par Pierre Rabhi, Michel Maxime Egger pose les jalons pour une écospiritualité.

Tout nécessaires qu’ils soient, les écogestes, les lois vertes et les chartes éthiques ne suffisent pas. La Terre comme soi-même développe les fondements d’une écospiritualité capable de répondre en profondeur aux défis soulevés par la destruction de la planète. Contre les dualismes – issus de la modernité – à l’origine de l’irrespect envers la nature, Michel Maxime Egger propose une resacralisation de notre relation à la création.

En relisant la tradition chrétienne dans une ouverture aux autres spiritualités et aux découvertes scientifiques, il souligne l’unité fondamentale entre l’humain, le cosmique et le divin. Cette vision conduit non seulement à préserver la nature, mais aussi à la célébrer et à favoriser son accomplissement.

Pratiquement, l’auteur propose d’acquérir une autre forme de connaissance, d’opérer une transformation intérieure, de réhabiliter les qualités féminines, d’expérimenter de nouveaux modes d’être et d’engagement dans le monde. Une approche qui, loin de puiser seulement ses racines dans la tradition ancestrale du christianisme orthodoxe, élabore ses grandes lignes en les soumettant aux questions suscitées par la crise écologique sur laquelle Michel Maxime Egger pose un regard d’une profonde lucidité. (4e couverture).

La Terre comme soi-même a figuré parmi les douze ouvrages sélectionnés pour le Prix Spiritualité d'aujourd'hui, remporté par Alexandre Adler avec Le Peuple Monde - Destin d'Israël (Albin Michel).

Conférences et présentations

Interviews et articles de l'auteur

 

« L'écospiritualité pour sauver la planète »

Les écogestes et les lois vertes ne suffiront pas à sauver la Terre. La crise écologique ne peut être résolue que par une resacralisation de notre relation à la nature. C’est la thèse développée par le chrétien orthodoxe suisse Michel Maxime Egger, également lobbyiste dans une ONG pour le développement durable et des relations Nord-Sud plus équitables, dans un livre récemment paru. Objectif: retrouver l’unité perdue entre l’être humain et la nature. Rencontre. »

Propos recueillis par Patricia Briel, Le Temps, 19 avril 2012, repris dans Le Quotidien jurassien, 28 avril 2012

 

« Libérer notre être pour sauvegarder la Terre »

« C’est donc aussi à la lumière de ces mécanismes intérieurs qu’il convient de penser et d’agir si nous entendons sortir du système qui ravage notre planète. Cela engage notre responsabilité, suppose un travail de conscience et de libération intérieure. Si le capitalisme vit en nous, notre être n’est pas réductible à l’homo oeconomicus. Il y a en chacun de nous une énergie qui résiste, qui aspire à autre chose, un autrement. C’est cette partie irréductible – l’image de Dieu en l’être humain, selon la tradition chrétienne – qu’il convient d’éveiller et de cultiver. Afin de mettre en boucle transformation (spirituelle) de soi et transformation (structurelle) du monde. »

Terres Civiles, No 54, mars 2012

 

« L'écologie: un sacré défi »

« La crise écologique est la crise d’une culture qui a perdu le sens du sacré. Elle n’est pas seulement en dehors, mais au-dedans de nous. Pour guérir le mal à la racine, les lois, technologies vertes et autres écogestes doivent être complétés par une écospiritualité. Celle-ci suppose un changement de notre regard sur la nature ainsi qu’un travail sur nos désirs et nos peurs afin de libérer notre être du système économique qui détruit la planète. ...] Nous vivons un temps “apocalyptique”, au sens profond du mot qui signifie “révélation”. Ce qui se révèle est la phase terminale d’un mode de développement fondée sur la croyance illusoire en une croissance illimitée, qui se heurte aujourd’hui aux limites de la planète. L’enjeu est la transition vers une prospérité plus équitable et sans croissance. Elle ne sera possible qu’avec un changement de nos modes de vie et une mutation des consciences vers la sobriété joyeuse : moins de biens, plus de liens. »

VP la vie protestante, No 5, juin 2012

 

« Il faut resacraliser la nature »

« Au cours des dernières années, l’Eglise s’est emparée des questions environnementales avec davantage de vigueur. “En tant qu’institutions influençant l’imaginaire social et culturel, elles ont une responsabilité à assumer, d’autant que le christianisme n’est pas étranger à la crise actuelle”, note Michel Egger: car cette religion a souvent mis l’homme au centre d’une nature qu’il est chargé de “soumettre”, selon le récit de la Genèse; méfiante à l’égard du corps, patriarcale, elle a aussi résisté à toute sacralisation de la nature, dans sa lutte contre le panthéisme, l’animisme ou la magie cosmique. Aujourd’hui, en Occident, son approche “ne va souvent pas beaucoup plus loin qu’un simple souci éthique de l’environnement”, regrette l’auteur. Or, pour retrouver une crédibilité, elle se doit de “développer une théologie et une spiritualité novatrices sur la nature”. Désormais, “des signes de ce changement de paradigme surgissent de tous côtés, dans l’éducation, la médecine alternative, l’agriculture, etc.”, se réjouit Michel Egger. Parmi les pistes qu’il évoque pour amorcer le changement, rien d’ésotérique: développer des qualités dites féminines, jeûner, reprendre souffle, s’engager. Et devenir des “méditants-militants”: “Car on n’atteint pas seulement sa cible à la force du poignet, mais aussi en créant de l’espace en soi.” »

Dominique Hartmann, Le Courrier, 9 juin 2012

 

« Pour une vision unitaire de l'homme et de la nature »

« L’écospiritualité chrétienne redonne une dimension sacrée à la nature en fondant théologiquement la présence du divin en elle. L’écopsychologie montre que le monde naturel non humain a une profondeur psychique : il parle, il écoute, il sent, il rêve même. Les deux affirment que non seulement nous faisons partie de la nature, mais que la nature est en nous. Elle constitue une part essentielle de notre identité. Les écopsychologues expliquent que nous possédons, en plus de l’inconscient individuel (tel que défini par Feud) et de l’inconscient collectif (tel que défini par Jung), un inconscient cosmique, un inconscient écologique. Cette dimension n’est pour l’instant pas prise en compte dans nos cultures. Les écopsychologues disent que, pour sortir du dualisme à l’origine de la destruction humaine de la nature, il convient absolument de traverser la frontière entre le « moi » et le « non-moi », d’ouvrir les notions de « moi » et de « soi » pour y intégrer la dimension du cosmos et de la nature. [...] Tout notre développement fondé sur la rationalité analytique, l’urbanisation, l’explosion des technologies… nous a coupés de la relation avec la terre-mère. Nous sommes appelés à revisiter la psychologie de l’enfance et à repenser l’éducation en soulignant l’importance de ne pas couper ce cordon-là avec la nature. »

Propos recueillis par Christine Kristof-Lardet, Alliance pour une Europe des consciences, No 29, juillet-septembre 2012,

 

« Repères pour une écospiritualité »

« L’écospiritualité de Michel Maxime Egger bouscule les analyses habituelles de la crise. Ou les enrichit si l’on préfère. Au niveau de l’analyse des causes de la crise d’abord, Michel Maxime Egger nous invite à porter notre regard plus loin que les dimensions financières, économiques ou sociales. Au niveau des solutions à mettre en oeuvre, il invite à un déplacement, du regard pour commencer : métanoïa dit-il, c'est-à-dire conversion du regard et du mode de vie. Evidemment, l’usage du mot métanoïa pour dire conversion n’est pas innocent sous la plume d’un croyant. »

Développement & Civilisations, No 406, septembre 2012

 

« La spiritualité nous aidera à sortir de la crise écologique »

« Sociologue et grand connaisseur de la spiritualité chrétienne orthodoxe, le Vaudois Michel Maxime Egger plaide, dans son dernier livre, pour une resacralisation de la nature. »

Propos recueillis par Alexander Zelenka, Terre & Nature, 20 décembre 2012

 

« Retrouver notre unité avec la nature »

« Engagé sur la voie spirituelle orthodoxe, Michel Maxime Egger est aussi un artisan du dialogue entre les traditions, comme il milite pour le développement durable et des relations Nord-Sud plus équitables, ces questions étant pour lui indissociables. Estimant que la crise écologique appelle une réponse plus approfondie qu'une simple législation verte ou des écogestes, il souhaite la naissance d’une « écospiritualité », seule à même d'apporter une solution de fond aux défis posés par la destruction de la planète. C'est dans la tradition chrétienne qu’il propose d'en trouver les fondements, sous réserve, précise-t-il, de sortir de son ambiguïté passée face à la nature. Selon cette approche, il s'agit de resacraliser notre relation à la création, et de rétablir l'unité fondamentale entre l’humain, le cosmique et le divin. »

Alliance pour une Europe des consciences, No 31, février-mars-avril 2013

Emissions radio et TV

Revue de presse

 

« Un essai lumineux »

Comment faire face aux défis soulevés par la destruction de la planète? Les solutions techniques n’y suffiront pas, analyse Michel Maxime Egger, pour qui la crise écologique est aussi spirituelle. Il le démontre dans cet essai lumineux, véritable somme où il pose les jalons d’une « écospiritualité ». En récapitulant les « trésors spirituels » de la tradition orthodoxe, il met en relief l’unité fondamentale entre l’humain, le cosmique et le divin, proposant un mode d’être issu d’une vision réenchantée de la nature. »

Martine Perrin, La Vie – Les Essentiels, 16 février 2012

 

« L'appel à une écologie personnaliste »

« Le titre de l’ouvrage de Michel Maxime Egger est accrocheur et renvoie au Soi-même comme un autre de Paul Ricoeur. Il invite à considérer la Terre comme un prochain et interroge chacun sur son rapport à elle. …] Michel Maxime Egger considère que la théologie orthodoxe des énergies divines constitue les bases d’une écospiritualité espérée. Il nous faut passer d’un rapport de vampirisation de la nature, voire de barbarie (Michel Henry), à un rapport eucharistique et en un sens sacral. […] Et si Dieu n’est pas identique au cosmos, on peut entendre par panenthéisme la présence de Dieu à et en tout ce qui existe. Il y a une juste immanence de Dieu dans le cosmos, et en ce sens une vérité profonde de l’animisme. […] L’appel est ici à une écologie personnaliste à la suite de Gandhi : Soyez vous-même la transformation. Ou encore appel à la responsabilité par une transformation de soi qui vise à l’ouverture et à l’émerveillement. »

Joseph Thomas, Golias Hebdo, No 230, 29 mars au 4 avril 2012.

 

« Un livre qui fera date »

« Lors des Assises chrétiennes de l’écologie, organisées en novembre dernier à Saint-Étienne, Michel Maxime Egger a séduit un large public par la finesse, l’ampleur et la précision de son analyse des causes profondes de la crise écologique. Dans ce livre, il reprend point par point son argumentation. En cause : l’excès de dualisme, de rationalisme desséchant ainsi que l’orgueil prométhéen qui ont conduit l’homme occidental à se sentir coupé de la nature et à la saccager. Et face auxquels le christianisme a eu un rôle ambivalent. Un livre qui fera date. »

Jean-Claude Noyé, La Vie, 29 mars 2012.

 

« Pour sortir du désenchantement »

« En effet, explique l'auteur, les phénomènes auxquels nous assistons – épuisement des ressources, bouleversement climatique, perte de biodiversité, accumulation des déchets... – tiennent à la conception même que l'homme occidental a du cosmos et de l'être humain, le désordre extérieur infligé à la nature résultant du désordre intérieur de l'âme humaine. C'est parce que la crise écologique est aussi au-dedans de nous, qu'elle relève du spirituel. […] Pour sortir de ce désenchantement de la création, comme d'une conception dualiste et désacralisée du cosmos et de l'être humain, c'est au plan de la conscience qu'il convient d'agir en entrant dans une écospiritualité, expression à la fois de la vie et du sacré. Pour cela, il faut passer par une transformation intérieure, dont l'auteur puise les fondements pour l'essentiel dans la tradition chrétienne orthodoxe – sans pour autant faire l'impasse sur certains aspects anthropocentriques et dualistes du christianisme –, tout en étant ouvert à d'autres traditions spirituelles, comme aux découvertes scientifiques. »

Alliance pour une Europe des consciences, No 28, avril-juin 2012.

 

« On ne sort pas indemne de sa lecture »

« Voici un livre important, préfacé par Pierre Rabhi, sur une question cruciale pour le monde aujourd'hui : la crise écologique. […] Et l'auteur insiste sur l'importance du dialogue entre les grandes religions et traditions spirituelles pour développer un nouveau paradigme, car les chrétiens ont besoin des autres pour prendre conscience des potentialités écologiques de leur propre patrimoine spirituel et liturgique. […] L'auteur explore de façon précise et nuancée les ressources de la tradition biblique, patristique et mystique pour une compréhension renouvelée aussi bien de la création, comme mystère de la présence divine, que de l'être humain, comme microcosme et médiateur entre la terre et les cieux. […] Avec la rigueur nuancée de son argumentation et la richesse de sa documentation, ce livre se signale à l'attention. On ne sort pas indemne de sa lecture, qui nous incite à devenir, selon l'expression de T.Verhelst que cite l'auteur: des "méditants-militants" ».

John Borremans, Les Voies de l'Orient, No 123, avril-mai-juin 2012.

 

« La preuve par la spiritualité orthodoxe »

« Michel Egger apporte une réflexion novatrice sur l’écospiritualité. Pour sauver la planète d’une destruction annoncée, il faut que l’être humain change de l’intérieur. Qu’il passe d’une appropriation des ressources naturelles hérité de la modernité occidentale à une empathie avec le cosmos. Qu’il redécouvre la dimension sacrée de la nature. Certes, le christianisme a participé à l’essor d’un mode de développement non durable , mais il a aussi des potentialités écologiques méconnues. La preuve par la spiritualité orthodoxe, qui voit la nature en Dieu et Dieu dans la nature. »

Isolda Agazzi, Une seule terre, No 5, avril 2012.

 

« Un livre exigeant »

« Puisant ses références aux sources de la spiritualité chrétienne en général et orthodoxe en particulier, l’auteur propose une réflexion sur les rapports entre écologie et spiritualité. Après avoir dressé l’état des lieux sur les rapports de l’homme et de la nature, M. Egger trouve dans les racines chrétiennes des raisons d’espérer et donne ce qu’il considère être les clés d’une « écospiritualité ». Celle-ci est un chantier à ciel ouvert qui requiert toute notre énergie. Impossible ? Faisons au moins ce que nous pouvons, là où nous sommes, conclut l’auteur, Un livre exigeant, à tous les niveaux. »

Anne-Marie Balenbois, Paroles Protestantes, mai 2012

 

« Un ouvrage crucial »

« Ce livre amorce un tournant décisif vers une approche non dualiste de notre relation à la terre, aux autres, au sacré et à nous-mêmes. Puisant aux sources de la tradition chrétienne du premier millénaire et s’enrichissant du contact des autres traditions spirituelles, cet ouvrage crucial nous donne à comprendre que les causes de la crise résident dans notre façon de voir et de concevoir le monde et qu’une métamorphose systémique (globale et intégrale) s’impose. De plus, il nous donne des pistes pour nous engager sur le chemin! »

Réseau des Ecosites sacrés, Newsletter No 5, printemps 2012

 

« Une écospiritualité claire et cohérente »

« Michel Maxime Egger propose une autre piste encore. Il pose que les solutions écologiques ne verront le jour que lorsque les sociétés se convertiront à une profonde spiritualité. D'elle seule peuvent découler l'ascèse, la sagesse, l'écologie de l'intérieur à même de promouvoir les valeurs féminines – fraternité, amour, tendresse, douceur, écoute, dialogue, esprit de 'synthèse – sans lesquelles les solutions pratiques au respect des équilibres de la création sont vouées à l'échec. L'écospiritualité que propose Michel Maxime Egger, chrétien orthodoxe, est très documentée, claire et cohérente. Mais comment faire en sorte qu'elle devienne audible? Pourquoi tant de chrétiens n'y adhèrent-ils pas? En la matière comme en physique de l’atmosphère, il ne suffit pas d'avoir raison dans l'absolu pour obtenir gain de cause. Les écologistes se cassent les dents sur ce fait très têtu depuis un bon demi-siècle et les climatologues depuis un quart de siècle. Malgré toutes ses qualités, ce livre, en laissant de côté cette dimension essentielle du problème, laisse sur sa faim.»

La Revue durable, No 45, avril-juin 2012

 

« Un ouvrage important, profond et exigeant »

« La crise actuelle n’est pas seulement économique et financière: elle est apocalyptique, affirme Michel Maxime Egger – l’un des piliers du bureau lausannois d’Alliance Sud. Elle révèle non pas la fin du monde, mais celle d’un système à bout de souffle, fondé sur l’illusion d’une croissance matérielle infinie. Ayant ses racines dans les profondeurs de l’âme humaine, cette crise, globale, a une dimension spirituelle. C’est pourquoi il ne suffira pas, si l’on veut garder l’espoir de la surmonter, de mettre en œuvre des réformes politico-économiques ou des avancées technologiques. Il s’agit d’opérer une transformation intérieure induisant un comportement écologique – qui n’oublie pas la justice sociale. L’auteur expose sa thèse – rejoignant celle d’autres penseurs – dans un ouvrage important, profond et exigeant, en s’appuyant plus particulièrement sur la tradition du christianisme orthodoxe. »

Michel Bavarel, Cotmec-info, No 338, mai 2012

 

« A lire et à suivre »

« De même, les annonces de participations et absences des dirigeants politiques à Rio de Janeiro n’augurent pas d’avancées très spectaculaires, bien que le sommet officiel soit accompagné par un Sommet des Peuples et le 2e Forum des Médias Libres. De là, tout l’intérêt et l’enrichissement émanant des analyses et réflexions proposées par Michel Maxime Egger, sur fond de spiritualité chrétienne orthodoxe et de dialogue entre les grandes traditions spirituelles. Soulignant l’unité fondamentale entre l’humain, le cosmique et le divin, ce méditant-militant prône une écospiritualité. Et pour lui, si les défis écologiques sont bien sûr amples et complexes, “ce n’est pas une raison pour baisser les bras et ne pas accomplir tout ce qui est possible à notre niveau”. A lire et à suivre. »

Jacques Briard, L’appel, No 348, juin 2012

 

« Des outils originaux »

« Dans l'essai La Terre comme soi-même novateur sur l'écospiritualité, le sociologue Michel Maxime Egger propose de resacraliser la nature pour mieux la respecter. A partir de ses convictions de chrétien orthodoxe, il offre des outils originaux pour réinscrire la Terre dans nos préoccupations domestiques et spirituelles. »

Oeku, Nouvelles, No 3, 2012

 

« Un parcours assez complet »

« La profondeur de la crise écologique nécessite un changement radical, tant de nos modes de vie que de notre manière de nous rapporter au monde. L’auteur plaide pour une véritable conversion spirituelle, au profit d’une «écologie intérieure», une “écospiritualité”. Si, comme le disent certains, le christianisme est pour une part responsable de la relation dégradée de l’homme au monde, c’est aussi dans sa tradition, surtout orientale (l’auteur est orthodoxe), que se trouveront les ressources nécessaires pour une nouvelle alliance avec la nature. La démarche procède d’une critique du “paradigme moderne” dont les composantes sont: dualisme esprit/matière, exil de Dieu hors du monde, rationalité logique, désacralisation de la nature, supériorité de l’humain sur les autres vivants, primauté des valeurs masculines. Il convient de revenir d’une attitude de possession/domination à une attitude de communion/participation. Cela dit l’importance d’une théologie de la création, qui considère Dieu non pas comme extérieur au monde mais habitant en lui. C’est aussi la vision de l’être humain qui est à reconsidérer. La proposition valorise la dimension liturgique, à distance d’autres modèles comme la domination ou l’intendance. Un chapitre substantiel est consacré aux qualités «féminines» à retrouver. L’ouvrage propose un parcours assez complet pour élaborer une écologie chrétienne. On pourra néanmoins s’interroger sur la notion de “sacré” dont l’ambivalence serait davantage à prendre en compte. »

François Euvé, Etudes, juillet-août 2012

 

« L’ouverture d’un chantier de recherches »

« M. M. Egger, journaliste et sociologue, lance le terme d’écospiritualité qui conjugue écologie et spiritualité. Le terme intègre deux formes d’écologie, l’extérieure rationnelle et scientifique, et une écologie « intérieure » qui ouvre l’intelligence à la compréhension des choses dans leur totalité et au-delà de l’apparence. Elle recouvre tout ce qui échappe à la science ou à l’économie, notre état psycho-spirituel, la façon dont nous percevons la nature, l’être humain et le divin, la place du sacré …] L’écospiritualité ouvre ainsi à un nouveau paradigme […] appelant à aimer la Terre comme soi-même. […] L’écospiritualité se construit alors sur une mystique de la création comme lieu de Dieu et sur une théologie de l’humain comme médiateur entre nature et divin. Et comment passer à la pratique ? L’amour est la seule réponse à la crise écologique, car nous ne pouvons sauver ce que nous n’aimons pas. […] L’écospiritualité ? Une espèce de sagesse enracinée dans la terre et les cieux, habitée par l’Esprit, utopique sans doute mais qui ouvre un chantier de recherches. »

Jacqueline Amphoux, Libresens, juillet-août 2012

 

« Un livre qui vient à l'heure juste »

« Pour celles et ceux qui s’intéressent à ce domaine transdisciplinaire en émergence qu’est l’écospiritualité – autrement dit la relation entre la dimension spirituelle et la dimension écologique de l’existence –, l’ouvrage de Michel Maxime Egger vient à l’heure juste. Il offre une vaste synthèse des travaux qui existent sur ces questions, en même temps qu’il propose sa propre vision du monde. La richesse du livre est telle qu’il est impossible d’exposer, dans les limites de cette note de lecture, toutes les perspectives dessinées et toutes les nuances des arguments qui les fondent. [...] Dans la première, il montre que la césure entre l’humanité et son environnement naturel ne tombe pas du ciel, mais est l’expression de choix de civilisation, de modèles de société. [...] Dans la deuxième partie, Michel Maxime Egger reprend le dossier concernant la contribution de la religion chrétienne à la mise en place des conditions qui ont permis le déclenchement de la crise écologique. L’auteur, qui montre ainsi son honnêteté intellectuelle et son refus de toute apologétique chrétienne, reconnaît explicitement cette responsabilité en ciblant ce qu’il nomme les “sept composantes problématiques. [...]
Les deux parties qui suivent – La Création, mystère de la présence divine ; L’Être humain entre la terre et les cieux – sont des contributions à l’émergence d’un nouveau paradigme, alternatif à celui de la “modernité occidentale”. [...] Enfin, la dernière partie – Les chemins de la transformation écospirituelle – est une exhortation à vivre l’écospiritualité, à passer de l’idée à l’acte. Michel Maxime Egger ne limite pas son propos à faire l’éloge d’une “éthique et des écogestes au quotidien”, il parle aussi de la nécessité d’une “métamorphose spirituelle”, d’un travail sur notre “cosmos intérieur”. Mais, la transformation écospirituelle n’est pas uniquement une affaire personnelle, elle concerne aussi la collectivité, l’action sur le monde ; sa transformation dans le sens de l’écologie et de la justice. L’“ascèse écologique” dont nous parle Michel Maxime Egger doit nous aider à devenir des “méditants-militants”, cheminant sur un “chemin non tracé d’avance”.
On notera l’importance de la bibliographie (15 pages) et la préface de l’agroécologiste Pierre Rabhi qui rappelle utilement que, pour l’écospiritualité, l’interrogation fondamentale est : “Quel avenir voulons-nous pour l’humanité et la planète ?” Michel Maxime Egger y apporte sa réponse avec érudition et spiritualité.»

Nathalie Calmé, La Chair et souffle, vol 7, No 2, 2012

 

« Une participation à la réflexion écologique »

« Outre cette actualité brûlante, deux textes ont continué de participer à la réflexion, désormais constante depuis quelques années, sur les sujets écologiques (Vert comme l’espérance, de Nicole Echivard, Médiaspaul, 207 p , 18 €, La Terre comme soi même. Repères pour une écospiritualité, de Michel Maxime Egger, Labor et rides, 321 p., 25 €). »

La Croix, 29 novembre 2012

 

« Très exigeant et profondément spirituel »

« L'A., de tradition orthodoxe, nous fait partager sa conviction fondamentale: la crise de la planète que nous appelons "écologique", qui menace la vie même de notre monde, n'est pas d'abord économique ou technique, mais spirituelle: "ce que nous faisons de notre ego, de nos passions et de nos désirs, la manière – consommation ou communion – dont nous nous relions à la nature, aux autres et au "Tout Autre", c'est cela qui importe et il veut nous proposer une "écologie intérieure". C'est très exigeant et profondément spirituel, et il le développe en demandant de "resacraliser" le cosmos, toute la création, mystère de la présence divine. Et les Pères de l'Eglise (surtout grecs) viennent nous aider à renouveler notre regard contemplatif sur la création. L'écologie, mais c'est d'abord spirituel. »

Frère Luc, Renaissance de Fleury, No 244, décembre 2012

 

« Une approche holistique »

« On connaît la thèse (apparue dans le monde anglo-saxon sous la plume de Lynn White) selon laquelle la crise écologique aurait son fondement dans le christianisme et sa vision mal interprétée de la création. […] Les Églises chrétiennes sont interpellées pour rendre compte de leur relation à la discussion écologique et à la durabilité. […] Le sociologue suisse Michel Maxime Egger se propose dans cet ouvrage d’identifier les grandes lignes d’une "écospiritualité" grâce à laquelle le christianisme reconnaîtrait ses omissions et les assumerait à travers un vigoureux renouveau théologique, liturgique et spirituel. […] Egger vise une "nouvelle alliance entre l’être humain et la nature" (p. 21). […] il propose d'"agir personnellement, c’est-à-dire comme une ‘personne’, un être en quête d’unité intérieure et de communion avec Dieu, autrui et toute la création" (p. 22). Il s’agit de surmonter le dualisme moderne qui sépare non seulement l’homme de la nature, mais aussi Dieu de sa création. Une approche holistique met l’accent sur le lien entre la politique et le mysticisme et sur la redécouverte de Dieu dans la création. Le potentiel spirituel par lequel le christianisme pourrait surmonter son anthropocentrisme et sa vision du monde dualiste, Egger le trouve dans l’Église d’Orient (principalement dans les écrits de Maxime le Confesseur, Grégoire de Nazianze et Grégoire Palamas). […] Ces "repères pour une écospiritualité" exigent du lecteur un véritable tour de force : relire la relation entre l’homme et l’environnement, en se référant à diverses disciplines scientifiques. Mais chaque chapitre est précédé d’un bref aperçu qui aide à s’orienter dans le fourré des débats théologiques, psychologiques et des sujets de sciences naturelles et culturelles. […] Même si le lecteur ne consent pas à toutes les propositions, il pourra finalement reconnaître au christianisme un rôle essentiel dans l’affrontement de la question écologique.»

Philipp Thorsten, Revue Projet, 14 décembre 2012.

 

« Une analyse en profondeur »

« Si nous détruisons notre planète, est-ce la faute à la Bible, qui dans la Genèse encourage les humains à croître et à se multiplier, en dominant et en soumettant la création? Pour Michel Maxime Egger, sociologue et penseur orthodoxe, c'est mal comprendre le texte, qui invite plutôt l'être humain à sauvegarder la nature. Et sa conviction est qu'on n'y arrivera pas à coups de lois, de taxes ou de techniques plus propres. "L'enjeu est spirituel avant d'être politique." Le livre a pour mérite de proposer une analyse en profondeur et — c'est son sous-titre – des "repères pour une écospiritualité". Même un lecteur peu intéressé par une perspective chrétienne y trouvera matière à réflexion. Pourquoi avons-nous "érigé l'avidité en valeur suprême"? Pourquoi résistons-nous aux changements nécessaires aujourd'hui? Le diagnostic est long: refus de nous sentir coupables, refus de remettre en cause le progrès, "incapacité de croire à ce que nous savons", etc. Le remède, selon M. Egger, est à la mesure du mal: "Trois champs sont à transformer, où se joue notre asservissement à la mécanique du système socioéconomique qui détruit la planète: nos désirs (à réorienter), nos peurs (à vaincre), nos blessures de l'âme (à guérir). ...] Une ascèse est incontournable. Loin de conduire à une écologie chagrine, elle permet l’accès à des espaces de libération et de joie. [...] Il ne s'agit pas de désirer moins, mais de désirer mieux."»

Moins!, No 3, janvier-février 2013

 

« Une lecture stimulante »

Christus_No 237_janvier 2013 (pdf, 10 ko)
Ce gros ouvrage de Michel Maxime Egger, sociologue engagé dans le développement durable, familier de la spiritualité orthodoxe, propose une réflexion approfondie et fort documentée sur les responsabilités sociales et personnelles devant l’avenir de notre planète. L’un de ses mérites est d’avoir mis le doigt sur la dimension spirituelle de l’écologie. Pourquoi tant d’hésitations, de retards dans la mise en œuvre des mesures indispensables promues par tant de travaux savants et de colloques internationaux face aux menaces de l’exploitation démesurée de la terre ? Après avoir analysé ces résistances, inscrites dans la culture occidentale par une mauvaise interprétation de la Bible et plus encore par le développement aveugle d’une technique soumise au capitalisme libéral, l’auteur puise dans la tradition de l’Orient chrétien, source de son inspiration, les repères d’une « écospiritualité » sans laquelle les mesures pratiques risquent de demeurer sans âme et sans effet. […] Au terme de cette lecture stimulante, on pourra cependant se demander comment préciser davantage le sens des concepts utilisés. La nature est « sacrée », sans doute, mais comment comprendre la distinction sacré/profane dont aucune société ne peut se dispenser ? Nos liens avec la création sont profonds, certes, mais comment entendre que toutes les créatures – astres, animaux, plantes, insectes – sont nos « frères » et «sœurs»?

Claude Flippo, Christus, No 237, janvier 2013

La Toile en parle

  • Planetpositive.org
    La reprise d'extraits de l'entretien de Michel Maxime Egger parue dans Le Temps.
    19 avril 2012
  • L'1dex – Pour un Valais critique et libertaire
    François Besson consacre deux notes à ce qu'elle considère comme « un formidable tissage de connaissances et de réflexions philosophiques, économiques, historiques, religieuses, mythologiques, psychologiques (et j’en oublie probablement) pour comprendre comment l’humain en est venu à abuser des ressources de la planète Terre au point de mettre la survie de son espèce en péril ».
    11 juillet 2012 et 20 juillet 2012
  • Ateliers CVX chrétiens coresponsables de la création
    En deux documents totalisant plus de 20 pages, les notes de lecture de François Marchand.
  • Lutrin
    Une note sur le blog de Denyse qui écrit: « Une lecture qui demande un peu d'effort mais qui, au fil des pages, devient passionnante et transformante. »
    18 janvier 2013

Extraits de la préface de Pierre Rabhi

« Cet ouvrage, La Terre comme soi-même, montre d’une manière convaincante et sans culpabilisation que les racines de la crise écologique sont en réalité spirituelles, ancrées profondément en nous. […]

Sans prétendre offrir des recettes, l’ouvrage de Michel Maxime Egger trace avec clarté – à partir du christianisme orthodoxe, mais d’une manière ouverte aux autres traditions spirituelles et à la science contemporaine – les axes d’une telle transformation intérieure vers une écospiritualité. Ce mot me paraît juste, car l’écologie et la spiritualité sont en réalité inséparables : les deux sont l’expression de la vie et du sacré. […]

L’auteur a raison d’appeler à un dépassement de la seule connaissance rationnelle. Aujourd’hui, plus que jamais, c’est la vraie intelligence qui est requise. Pas les aptitudes cérébrales, mais la vision pénétrante et intuitive qui naît du silence intérieur, au-delà du bavardage mental incessant. Pas le développement de savoirs experts de plus en plus performants, mais la capacité à comprendre les choses dans leur réalité essentielle, au-delà des contingences et des apparences du moment. Etre intelligent, c’est savoir sentir et intégrer l’ordre profond inscrit dans la réalité de la vie. […]

Le livre de Michel Maxime Egger – c’est l’un de ses apports originaux – montre qu’il existe dans la tradition chrétienne des trésors spirituels, encore peu connus, pour refonder théologiquement cette unité essentielle et interdépendance profonde entre l’être humain et la nature. Il ouvre par là-même des voies pour libérer le christianisme de ses aspects dualistes et anthropocentriques qui ne sont pas étrangers aux racines de la crise écologique. […]

Ma conviction rejoint celle de Michel Maxime Egger : ultimement, ce ne sont pas les règlementations et les contraintes qui nous conduiront à sauvegarder la nature. Si l’humanité doit évoluer, cette évolution se fera dans le sacré, dans une conscience que la vie est magique, belle, enchanteresse, que la nature est un don, la manifestation d’un principe qui nous dépasse. Alors, nous réaliserons notre vocation suprême : l’admiration. […]

L’une des qualités et originalités du livre de Michel Maxime Egger est précisément de ne pas se limiter à une réflexion théorique, mais d’articuler la refondation théologique et cosmologique qu’il propose avec un mode d’être et de vie. Il définit également les attitudes intérieures et les pratiques qui découlent d’une vision ré-enchantée de la nature et sont nécessaires pour la mettre en œuvre. L’une des clés, ainsi qu’il le relève, est la sobriété. […]

Le livre de Michel Maxime Egger montre bien que la crise à laquelle nous sommes confrontés est plus qu’écologique, financière ou économique. Elle est systémique ou, mieux encore, spirituelle. Elle nous confronte à des questionnements quotidiens sur nous-mêmes, notre travail, notre mode de vie, nos relations avec les autres. […]

L’écospiritualité telle que la définit La Terre comme soi-même n’est pas un pansement sur les plaies de la nature. Elle nous conduit à tout repenser : notre industrie, notre agriculture, notre médecine, notre éducation, notre alimentation… Elle nous interpelle au plus intime de nous-mêmes, nous pose cette question fondamentale : quel avenir voulons-nous pour l’humanité et la planète ? »